Le point sur le PNR des Baronnies
Article de l'Agriculture Drômoise du 19 octobre 2006

La zone de concertation et d'étude sur laquelle est envisagée le "Parc Naturel Régional des Baronnies"
Cela fait plus de sept ans qu'on en parle. Un Parc Naturel Régional (PNR) dans les Baronnies se réalisera-t-il un jour ? C'est pour faire le point sur l'avancée de la démarche et envisagée le chemin qui reste à parcourir qu'une réunion des élus régionaux, départementaux et communaux du territoire avait lieu récemment en Mairie de Sahune.

Les élus des deux départements réunis à Sahune le 10 octobre dernier
La zone de concertation et d'étude sur laquelle est envisagée le "Parc Naturel Régional (PNR) des Baronnies" se situe sur les deux régions de Rhône Alpes et de PACA, à cheval sur les départements de la Drôme et des Hautes Alpes. C'est un espace naturel d'environ 234 000 hectares, 131 communes répartis sur 12 cantons, pour une population totale d'environ 34 000 habitants. En totalité ou en partie, cinq cantons sont concernés en Hautes Alpes (Rosans, Serres, Orpierre, Ribiers et Laragne) et 7 cantons dans la Drôme (Buis les Baronnies, Nyons, Rémuzat, Séderon, Grignan, Dieulefit et La Motte Chalencon) avec quelques communes limitrophes vauclusiennes et des Alpes de Hautes Provence. Sisteron, Veynes, Aspes sur Buech, Dieulefit, Montélimar, Grignan, Valréas et Vaison la Romaine ont déjà manifesté le souhait d'en devenir les "Villes Portes". Il existe par ailleurs une intercommunalité bien implanté sur le territoire avec des communautés de communes dans chaque département et deux "Pays" (le pays "Une autre Provence" et le "Pays du Sisteronnais").

Une déjà longue histoire C'est à la fin des années 90 que quelques élus et une association (le GPENB) lance la réflexion sur la possibilité de créer un PNR dans les Baronnies. Les régions Rhône Alpes et PACA votent conjointement le financement de l'étude de faisabilité qui débute fin août 2003 et est confiée à un bureau spécialisé, le Cermosem. Tandis que les réunions regroupant élus et forces vives en Drôme et Hautes Alpes se multiplient, les résultats de l'étude sont publiés courant 2004. 75 % de la population des Baronnies seraient favorables au Parc et 14% y seraient défavorables. Ces résultats sont cependant rapidement contestés par des opposants qui se regroupent au sein d'une association "Baronnies Libres sans Parc" qui ne tardent pas à faire parler d'elle.
Le 17 décembre 2004 les 2 régions votent les conclusions du compte rendu de l'étude de faisabilité avec nécessité de créer un "Syndicat Mixte d'Aménagement et de Préfiguration" chargé de rédiger la charte et réaliser les premières actions pilotes du territoire. Dans le courant de l'année 2006 les différentes communautés de communes de la Drôme et des Hautes Alpes, les deux départements et la région Rhône Alpes se prononcent favorablement à la création, dans les meilleurs délais, de ce Syndicat Mixte dont ils votent les statuts. Enfin, dernière étape avant sa création effective prévue fin 2006, la Région PACA a prévu de voter les statuts du syndicat le 10 novembre prochain.
Une forte volonté politique
Au cours de la réunion d'information qui s'est tenue à Sahune le 10 octobre dernier en présence de très nombreux élus des deux départements et régions, Gérard Bertrand conseiller régional Rhône Alpes (qui assure l'interface avec la région pilote) et Christine Niveau pour la région PACA soulignèrent la volonté politique très forte des deux régions, des conseillers généraux et des présidents des communautés de communes ainsi que des "Villes Portes" du territoire envisagé pour faire aboutir ce projet. Il soulignait notamment que les Baronnies serait le dernier territoire à pouvoir prétendre devenir PNR en Rhône Alpes et que si cette démarche n'aboutissait pas maintenant, une candidature ultérieure serait impossible. "C'est une chance à ne pas manquer", insistait le conseiller régional, rappelant qu'il s'agit bien de mettre en place un "Parc Naturel Régional" et non "National", soulignant que les premiers sont infiniment moins contraignants que les seconds et que, notamment, les PNR ne possèdent aucun pouvoir réglementaire en matière de chasse ou de pêche. "Par contre, la mise en place dans le cadre du Parc d'un volet cynégétique auquel serait associé les associations de chasseurs et les sociétés de pêche du territoire ne peut que favoriser une meilleur gestion et organisation de ces deux activités traditionnelle…"
Les Missions du Syndicat Mixte
Le futur "Syndicat Mixte d'Aménagement et de Préfiguration" devra, comme son nom l'indique, répondre à deux enjeux majeurs. L'aménagement du territoire et la préfiguration du futur Parc. En matière d'aménagement, le nouveau syndicat sera chargé de mettre en place un conseil local de développement représentatif des acteurs du territoire. Il devra également, en prolongement du SAB (Syndicat d'Aménagement des Baronnies) qui est appelé à disparaître et qu'il remplacera dans plusieurs de ses tâches, gérer des programme déjà engagés sur le périmètre du Parc et actuellement portés par des structures intercommunales, de même que poursuivre l'animation des programmes européens de développement en milieu rural du type Leader +.
En matière de préfiguration le syndicat mixte aura pour mission d'établir la charte du futur Parc et de mettre en œuvre un certain nombre d'actions pilotes et démonstratives. La rédaction de la charte qui s'étalera sur les trois années à venir (minimum) sera mise en œuvre conjointement par un comité syndical composé d'élus régionaux, départementaux et communaux et par un conseil de développement local représentant la société civile et les forces vives du territoire. Parallèlement le syndicat mixte sera chargé de mettre en œuvre un certain nombre (entre 15 et 20) actions pilotes et démonstratives capables de faire la preuve de la pertinence de la démarche.
Un important volet agricole
Le président du SAB et de l'association de préfiguration, Marc Bonnard confirme que "l'agriculture sera au centre des enjeux auxquels le futur Parc sera appelé à répondre… Parmi les toutes premières actions pilotes et démonstratives que le syndicat mixte mettra en oeuvre il est prévu: l'étude d'une charte forestière (sylviculture, sylvopastoralisme et bois énergie), les actions de soutien à la filière PPAM, lavande et lavandin, le tilleul, l'arboriculture, la filière ovine, la mise en place de circuits courts de transformation et de commercialisation de produits agricoles, l'agriculture biologique, l'aide à l'installation de jeunes agriculteurs, le développement de l'agro tourisme et de la vente directe, …"
Pour l'artisanat et le commerce il sera question de redynamiser le secteur des bourgs centres, faciliter la cession d'activités, lutter contre la spéculation foncière, développer les énergies renouvelable (solaire et bio carburant), la gestion des rivières et de l'eau en général par assainissement individuel ou collectif,…
Le dernier mot restera aux communes
Le budget de fonctionnement du syndicat mixte sera pris en charge (au prorata de l'équilibre géographique et démographique) à 60 % par les régions, à 30 % par les départements, les communes du territoire et les villes portes n'intervenant dans son financement qu'à concurrence respective de 6% et 4%. Au niveau de la représentativité, les communes et ville portes détiendront pourtant la majorité des voix (53 %) les régions 33 % et les département 13 %.
Mais la rédaction de la charte et la mise en œuvre des actions pilotes par le syndicat mixte dans les 3 à 5 ans à venir ne seront pas pour autant la dernière étape vers la création d'un Parc Naturel Régional. Et loin s'en faut ! En effet une fois la charte établie, une enquête publique sera programmée, puis chaque commune sera amenée à délibérer pour adhérer ou non au futur Parc. Ce n'est qu'à ce moment là (dans environ 5 ans donc et par conséquent après les prochaines élections municipales de 2008), que l'Etat pourra, ou non, attribuer le label "Parc Naturel Régional" au territoire des Baronnies pour 10 ans renouvelables. Les communes n'ayant pas adhérer à la charte ne seront alors pas classées en PNR (quelque soit leur emplacement géographique) et ne pourront pas utiliser ce label. En cas de refus, elles devront attendre 10 ans et le renouvellement de la charte pour éventuellement changer d'avis.
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