Article Escalade Handi-Sport en Baronnies

Escalade Handi-Sport en Baronnies

Article du Dauphiné Libéré du 30 mars 2006


Samedi matin au pied d'une falaise qui surplombe Beauvoisin et fait face au Mont Ventoux

Haut lieu historique de l'escalade en France, les Baronnies possèdent des falaises de renommées internationales qui attirent des grimpeurs aux équipements bien particuliers.

Depuis cinq ans le Centre d'Escalade du Buis et des Baronnies reçoit chaque année un groupe de sportifs handicapés de la région parisienne, membres de la Fédération Handi-Sport et dépendants de l'association sportive des handicapés du Centre d'Appareillage de Valenton (91).


Le groupe entame l'escalade de la falaise de la Beaume Noire

Ces sportifs, tous sérieusement handicapés avec des prothèses de pieds, jambes ou genoux, viennent ainsi dans les Baronnies chaque année se livrer, le temps d'un long week-end printanier, aux joies de l'escalade de haut niveau. Le groupe composé d'une quinzaine de personnes, résidaient le week-end dernier au gîte Champolon d'Eygaliers sur les hauteurs de Buis les Baronnies où ils étaient accueillis par Brigitte Lataud, une hôtelière elle-même équipée d'une prothèse complète de la jambe.


Brigitte Lataud dans ses oeuvres

Pendant trois jours, nos sportifs estropiés furent encadrés par les moniteurs bénévoles du Club d'Escalade buxois en la personne de Jean Paul Laroche (président du club) Frédéric Facchineri, Pascal Havez et Gérard Deboule (ce dernier ayant été lui même récemment opéré d'une prothèse de hanche).


Préparatif avant l'escalade

Vendredi matin, malgré la pluie, le groupe effectuait une randonnée sur la montagne de la Nible. Samedi, avec le soleil revenu les handis-sportifs se rendaient au site de la Beaume Noire sur la commune de Beauvoisin où, survolés par les vautours et autres rapaces implantés récemment dans les Baronnies, ils se livrèrent aux exercices de manipulation de cordes, principes de sécurité et premières voies escaladées.


YvesYves Lebissonnais, chercheur à L'INRA en géologie, tres bon grimpeur, amputé à l'âge
de 17 ans, il est allé au chimoraso en Equateur et jusqu'au camp trois
à L'Everest (où il a bien failli y rester) ...

Enfin toute la journée de dimanche le groupe s'attaquait au mythique Saint Julien et cinq d'entre eux atteignaient le sommet par la voie la plus difficile, parcourant notamment deux longueurs de 60 mètres chacune.


Pascale Havez, l'un des moniteurs bénévoles du Club buxois

Pendant trois jours, c'est avec un courage, une volonté et un enthousiasme qui forcèrent l'admiration et l'étonnement de tous ceux qui les ont approchés, que ces sportifs un peu particuliers ont atteint, et parfois dépassé, leurs propres limites, bravant de façon vertigineuse les lois de l'équilibre et de leur résistance. Une belle leçon de courage, de vie et d'espoir.

Texte et Photos d' Alain Bosmans - Vous avez le droit de reproduire librement le texte et ou les photos ci-dessus à condition uniquement de citer clairement le nom de son auteur et celui du site d'où ils proviennent.